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le Milan royal

Milan royal  - Romain Riols

Ci-dessous, vous trouverez une version synthétique des résultats du programme d'étude et de conservation du Milan royal en Auvergne sur la période 2005-2013.

Vous pouvez la retrouver complétée de l'axe 3 du programme (sensibilisation-communication) au format PDF.

Vous pouvez consulter le bilan complet richement illustré avec tous les détails concernant notamment les suivis de la reproduction et de l'hivernage au format PDF.

Vous pouvez par ailleurs visualiser le film : "Milan royal, histoire d'une sauvegarde" sur le site de la LPO mission rapaces ou à  cette adresse.

 

Présentation de l’espèce et du programme d’étude et de conservation du Milan royal en Auvergne (période 2005-2013)

 

Le Milan royal, une des deux seules espèces de rapaces endémiques de l’Europe avec l’Aigle ibérique, est aujourd’hui largement menacé. Sa distribution est sporadique, comportant des populations souvent très réduites. Le Milan royal est inscrit à la liste rouge des oiseaux du monde avec le statut de quasi-menacé selon les critères de l’UICN puisque ses populations ont diminué de presque 20 % sur la décennie 1990-2000.

La France, (derrière l’Allemagne et devant l’Espagne) héberge la deuxième plus importante population mondiale avec 2300 à 3000 couples. L’Auvergne abrite 30% de la population française, (soit 5% de la population mondiale estimée à 19000-24000 couples).

La population européenne (migratrice partielle) passe l’hiver en France et surtout en Espagne.

L’Auvergne accueille 25% des effectifs hivernants en France (1000 à 1500 individus) et a donc une responsabilité majeure dans la conservation de ce superbe oiseau.

Dans le cadre du Plan National de Restauration du Milan royal mis en place par le Ministère en charge de l’environnement, la LPO Auvergne, souhaitant s’investir dans la conservation du Milan royal a, depuis 2005, initié un suivi des populations nicheuses et hivernantes dans la région ainsi qu’un programme de baguage/marquage.

Un programme cohérent à l’échelle de l’ensemble du Massif central a été mis en place sur la période 2009-2012, il se déclinait en 3 axes :

1- suivis des populations,

2- mise en place de mesures de conservation,

3- promotion de l’espèce à travers un programme de sensibilisation et de communication.

Il regroupait donc les acteurs majeurs du suivi et de la protection de l’espèce dans le Massif : les délégations régionales et départementales de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO Auvergne, LPO Aveyron, LPO Loire, LPO Ardèche), la Société d’Etude et de Protection des Oiseaux du Limousin (SEPOL) et l’Association Lozérienne pour l’Etude et la Protection de l’Environnement (ALEPE).

La déclinaison du nouveau Plan National d’Action (axes 1 et 2) se poursuit en 2014 en Auvergne…

 

Dynamique de la population de Milan royal d'Auvergne et facteurs l’influençant

 

Le suivi annuel proposé repose sur la récolte d’indicateurs précis et leur analyse conformément à la méthodologie adoptée par le Plan National de Restauration du Milan royal.

Ce suivi global repose sur les deux principales phases de la biologie du Milan royal : la nidification (suivi des paramètres de la reproduction) et l’hivernage (quantification et évolution). Un programme de baguage/marquage des jeunes milans vient appuyer ces suivis en permettant d’identifier individuellement certains individus et ainsi obtenir des informations complémentaires essentielles sur les taux de survie, la philopatrie, les déplacements et échanges entre population, les sites d’hivernage, etc.

- Suivi de la population nicheuse par zone échantillon

Cette méthodologie basée sur le suivi de zones échantillon d’au moins une centaine de km² porte depuis 2005 sur des secteurs accueillants l’espèce en forte densité :

- les plateaux de l’Ouest de la Chaîne des Puys (180 km²) dans le Puy-de-Dôme,

- la Planèze de Saint-Flour/prolongement Nord Margeride (270 km²) dans le Cantal,

- la plaine de Paulhaguet/gorges de l’Allier (167 km²) en Haute-Loire.

D’autres zones échantillon ont été suivies, parfois dès 2003-2004, essentiellement de façon bénévoles, sur une période limitée ou irrégulière ou encore de façon non exhaustive.

20 % des pontes sont déposées au cours de la seconde quinzaine de mars, près de 70 % le sont au cours de la première quinzaine d’avril et les 10 % restant au cours de la seconde quinzaine d’avril et même jusqu’en mai.

De 2003 à 2013, sur l’ensemble de l’Auvergne, 594 reproductions ont été suivies, 156 ont échoué (taux d’échec de 26,26 %), 438 ont produit 801 jeunes à l’envol, 156 fois 1 seul jeune, 201 fois 2 jeunes et 81 fois 3 jeunes. Le succès de reproduction s’élève à 1,35 jeune par couple nicheur et la taille des familles à l’envol à 1,83 jeune par couple ayant réussi.

Ces moyennes cachent cependant des variations annuelles et entre secteurs considérables et sont globalement inférieures à celles calculées en Angleterre et en Allemagne.

- Programme de marquage coloré

Le baguage et le marquage coloré des oiseaux portent uniquement sur les trois zones échantillon où un suivi salarié et régulier et une participation bénévole suffisante permettent d’optimiser les contrôles. Il concerne avant tout les jeunes, bagués et marqués au nid peu avant leur envol. Ce programme doit permettre d’apporter plusieurs réponses essentielles :

- où hivernent les oiseaux d’Auvergne et des autres populations françaises ?

- quel est leur taux de survie ?

- quelle est l’importance de la fidélité au site de naissance (philopatrie) ?

- quel est l’âge de la première reproduction ?

- quels sont l’étendue et les paramètres environnementaux du domaine vital des couples nicheurs ?

De 2005 à 2013, sur les 3 principales zones échantillons d’Auvergne, 542 milans royaux (537 jeunes et 5 adultes) ont été bagués et équipés de marques alaires. Le nombre d’individus marqués reste toutefois faible dans la population totale et l’observation de tels oiseaux munis de marques alaires est peu fréquente.

- Estimations des paramètres de survie :

Seules les données de contrôles en période de reproduction ont été prises en compte, cela ne permet donc pas le calcul d’un taux de survie réel mais de ce qui est nommé « taux de survie locale annuelle ». La mortalité et l’émigration permanente sont donc confondues.

2 classes d’âge ont été définies : 1 an et ≥2 ans pour la survie et la recapture. Les estimations donnent une survie juvénile S1 = [0.25-0.72] très variable selon les sites, la survie à plus de 2 ans S2+ = 0.72 ± 0.04 n’apparaît en revanche pas significativement différente selon les sites.

La différence de survie locale peut s’expliquer par une philopatrie variable en sus d’une éventuelle différence de mortalité. Les oiseaux de la Chaîne des Puys et de la Planèze de Saint-Flour pourraient être plus philopatriques que sur les autres.

- répartition géographique des contrôles/reprises :

La totalité, sauf rares exceptions, des oiseaux juvéniles quittent leur zone de naissance pour se rendre sur le piémont pyrénéen et surtout en Espagne (Navarre, Aragon et surtout Castilla-y-Léon, plus rarement en Catalogne, Castilla-la-Mancha, Extrémadure et même jusqu’en Andalousie). Les cas d’hivernage de juvéniles en Auvergne sont exceptionnels, en revanche, une proportion non négligeable des oiseaux immatures, au fur et à mesure de leur avancement en âge, se sédentarisent.

La date de première reproduction est plus tardive que ce qui était imaginé. En moyenne, elle a lieu au printemps de la 4ème année civile soit à l’âge de tout juste 3 ans. Parfois dès l’âge de 2 ans, mais aussi seulement à l’âge de 4 ans (en 5ème année civile

- Suivi de la population hivernante

L’historique de l’hivernage du Milan royal montre de grandes variations, tant numériques que géographiques. Dans un contexte de forte diminution des ressources alimentaires en Espagne, de changement climatique et de fermeture des décharges d’ordures ménagères, un suivi des effectifs hivernants est indispensable.

Il consiste en une recherche et une localisation des différents dortoirs (regroupements d’oiseaux pour la nuit, le Milan royal étant une espèce grégaire en dehors de la période de reproduction), notamment au mois de décembre afin de rendre un comptage simultané début janvier le plus exhaustif possible.

Environ 20 à 25 dortoirs sont recensés en Auvergne, pour 500 à 1500 individus selon la couverture neigeuse hivernale et l’abondance des ressources alimentaires.

- Identification des menaces pesant sur l’espèce en Auvergne

La principale menace identifiée en Auvergne est l’utilisation de poison anti-coagulant pour lutter contre les fortes densités de campagnols terrestres dans les prairies de fauche. La population incluse dans la zone d’étude des plateaux de l’ouest de la Chaîne des Puys a été particulièrement touchée en 2011 et 2012.

Alors que cette population forte de 23-24 couples nicheurs connaissait une bonne dynamique, 9 à 10 d’entre eux ont été touchés par l’empoisonnement d’un ou des deux partenaires du couple au printemps 2011 !

A l’automne 2011, un effectif record de Milans royaux stationne sur le secteur et sur les hautes Combrailles ; 28 cadavres seront retrouvés ! Si des oiseaux originaires d’Allemagne, de Franche-Comté et de Bourgogne sont empoisonnés, il est probable que d’autres oiseaux locaux aient été également tués.

Au printemps 2012, de nouveaux traitements ont eu lieu. Alors que 6 couples s’étaient reconstitués sur les territoires vacants, à nouveau 3 d’entre eux ont été impactés par la bromadiolone. 3 sites n’ont toujours pas été réoccupés.

La population est donc passée de 23-24 couples au début du printemps 2011 à seulement 15-16 couples au printemps 2013, soit une chute dramatique de 40% du nombre de couples nicheurs après deux années de traitements à la Bromadiolone !

Ces empoisonnements à la Bromadiolone ont donc eu un impact majeur sur la dynamique de cette population et ce, probablement à long terme.

 

Mesures de conservation de la population de Milan royal en Auvergne

 

- Mise en place de placettes d’alimentation

Les suivis effectués depuis quelques années, tant sur les nicheurs que sur les hivernants semblent montrer que la ressource alimentaire et son accessibilité sont des facteurs déterminants qui régissent la présence de l’espèce, la densité de sa population nicheuse, son succès de reproduction ou encore l’importance des effectifs hivernants.

Le Milan royal étant probablement plus ou moins sédentaire en ce qui concerne la population adulte, la survie hivernale des oiseaux à proximité des zones de nidification est probablement un facteur important dans la dynamique de la population.

Face à la fermeture progressive des décharges d’ordures ménagères, il serait souhaitable d’assurer le maintien des principaux noyaux d’hivernants. En effet, ceux-ci gravitent bien souvent autour de tels sites qui ont un effet attractif important, notamment en période d’enneigement quand les proies habituelles ne sont plus accessibles.

Sur les dernières années, une placette éleveur a été implantée en Haute-Loire, une gérée par la LPO et une gérée par le Lycée agricole de Saint-Flour dans le Cantal, 1 placette éleveur et 2 gérées par la LPO dans le Puy-de-Dôme.

Les résultats concernant la fréquentation sont mitigés du fait de la faible quantité de viande déposée, la placette la plus suivie et la plus régulièrement alimentée a le mieux marcher.

- Promotion des pratiques agro-pastorales favorables à l’espèce

Etroitement lié aux activités humaines et en particulier agricoles, le Milan royal est certainement affecté par leur évolution.

La LPO Auvergne, opératrice des documents d’objectifs de certaines ZPS accueillant le Milan royal a mis en place plusieurs types de contrats Natura 2000 : Contrats « plantation de bosquets » sur la ZPS de la Planèze de Saint-Flour, contrats « Campagnol terrestre » sur 2300 hectares dans la ZPS du Pays des Couzes visant à promouvoir le piégeage et l’accueil des prédateurs au lieu de l’utilisation de la Bromadiolone. A signaler également la signature de chartes Natura 2000 visant à préserver des sites de nidification de l’espèce dans la ZPS des Gorges de la Dordogne.

- Lutte contre la principale cause de mortalité identifiée pendant le programme : les empoisonnements par la bromadiolone

Devant la catastrophe engendrée par les traitements massifs à la bromadiolone au printemps 2011, à l’automne 2011 et à nouveau au printemps 2012, la LPO Auvergne s’est mobilisé. Les actions menées sont les suivantes :

- mise en place d’une stratégie et d’une coordination pour la recherche des cadavres,

- analyses des cadavres,

- exigence d’arrêt des traitements,

- plainte auprès de la Commission Européenne,

- travail en partenariat avec les pouvoirs publics et le monde agricole,

- mise en place d’un dispositif d’alerte.


Ligue pour la Protection des Oiseaux délégation Auvergne – contact : faune-auvergne(arrobase)orange.fr
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